Odesa Photo Days est un festival international de photographie et une plateforme dédiée à l’éducation par l’image. La huitième édition du festival a été annulée en raison de la guerre, mais le monde de la culture s’est mobilisé pour faire connaître le travail des photographes d’Ukraine. La galerie Le Carré d’Art, en association avec le réseau Diagonal, propose ainsi l’exposition collective “Parle-leur de batailles, de météores et de caviar d’aubergine”.

Elle se tiendra du 20 janvier au 8 mars 2023. Le vernissage est prévu le jeudi 19 janvier, avant une rencontre exceptionnelle samedi 21 janvier à 11h en présence de 3 des 4 photographes exposé·es.


“Soutenir les artistes en temps de guerre”

François Boucard, responsable de la galerie du Carré d’Art, revient sur la génèse de cette exposition.

Photo : Daria Svertilova

Comment est venue l’idée d’exposer des photographes ukrainien·nes ?
Le Carré d’Art fait partie d’un réseau appelé Diagonal, qui réunit des structures de production et de diffusion dédiées à la photographie. Régulièrement, Diagonal nous informe sur la situation préoccupante de photographes, qui exercent dans des pays où la situation politique est tendue. C’est ainsi que nous avions rencontré en 2021 Kateryna Radchenko, directrice du festival Odesa Photo Days dédié à la photographie ukrainienne. Ce festival est né après la guerre du Donbass en 2014-2015 avec la double volonté de documenter le conflit et de faire connaître la photographie ukrainienne. Lorsque la guerre a éclaté en février 2022, le réseau Diagonal a repris contact avec Kateryna Radchenko. Les membres de ce réseau ont alors choisi d’exposer en France les artistes qui auraient dû participer à la 8ème édition de ce festival en Ukraine.

Est-ce habituel d’organiser une exposition aussi rapidement ?
Non, mais nous avons senti la nécessité d’agir sans attendre. Cette exposition donne à voir la photographie ukrainienne, mais elle apporte aussi un concours financier aux artistes en temps de guerre. Le ministère de la Culture a lui aussi très vite apporté son soutien au projet, intégré au programme Stand with Ukraine. Nous avons travaillé sur un rythme intense avec Simultania (Strasbourg) et le centre Claude Cahun (Nantes) qui exposent les mêmes artistes que le Carré d’Art : réflexion sur la scénographie, choix des formats, tirage, encadrement…

Quel sera le déroulement de la rencontre avec les photographes, samedi 21 janvier ?
C’est une chance de pouvoir accueillir 3 photographes sur les 4 qui sont exposé·es. Daria Svertilova habite à Paris depuis 2 ans, Oksana Nevmerzhytska s’est exilée en Pologne depuis 6 mois. Maxim Dondyuk, lui, est resté sur place en Ukraine et relate le conflit. Nous leur proposerons de dresser un portrait de la photographie ukrainienne, avant et après cette guerre. La traduction sera assurée par Yuliya Ruzhechka.

Quatre photographes présenté.es au Carré d’Art


Photo : Oksana Nevmerzhytska

Maxim Dondyuk part dans le Donbass en 2014 pour documenter le conflit entre l’Ukraine et la Russie. En 2017, il y retourne pour explorer les paysages silencieux et ravagés qui étaient alors des champs de bataille.

En photographiant les hôpitaux des petites villes situées autour de Kiev, Oksana Nevmerzhytska dénonce le système de santé ukrainien, complètement laissé à l’abandon.

À partir de différentes histoires vécues dans sa région d’origine, Elena Subach construit une série autour de l’univers des météorites et de la fin du monde.

Pour Daria Svertilova, des adolescents dévoilent leur lieu de vie, des chambres aux murs saturés de dessins, de photos, de posters et de mots, accentuant le décalage entre les bâtiments soviétiques aux couleurs passées et cette jeune génération avide d’Occident.

Exposition organisée du 20 janvier au 8 mars 2023
Vernissage le jeudi 19 janvier à 18h30
Rencontre en présence de 3 des 4 photographes exposé·es samedi 21 janvier à 11h

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